Élections de l’Ordre des experts-comptables… la secousse à venir mettra-t-elle fin à l’ère du silence et de l’élitisme ?

À première vue, la compétition pour les élections de l’Ordre des experts-comptables, prévues le 21 mai prochain, pourrait se transformer en une confrontation feutrée mais intense entre deux courants : d’un côté, celui des grands cabinets internationaux, soucieux de préserver leur influence traditionnelle ; de l’autre, un courant national émergent qui appelle à humaniser la profession et à la libérer d’une centralisation concentrant 83 % de l’activité dans un périmètre restreint.
Ce qui suscite le plus de controverse en coulisses, c’est sans doute l’isolement communicationnel imposé par les élites précédentes à l’institution. Alors que les professionnels réclament une représentation forte, capable de défendre leurs intérêts auprès de l’opinion publique et des partenaires économiques, l’Ordre s’est, durant ses précédents mandats, replié sur lui-même, comme si la profession relevait d’un cercle fermé, indifférent au regard public. Hormis quelques communiqués timides, sporadiques et circonstanciels, l’institution a semblé refuser de descendre de sa tour d’ivoire pour s’adresser à la société, aux entreprises et aux entrepreneurs marocains.
Dans ce vide communicationnel, un nom s’est imposé avec constance : celui de l’expert-comptable Mehdi Fqir, incarnation d’une nouvelle génération rompant avec ces codes. Les observateurs de la scène économique notent qu’il ne s’est jamais cantonné aux bureaux feutrés, mais a fait de l’ouverture médiatique un levier pour rapprocher la profession du pouls de l’économie réelle.
Aujourd’hui, le secteur semble avoir besoin d’un profil conjuguant expertise technique et capacité à communiquer : quelqu’un capable d’écouter les préoccupations des jeunes entrepreneurs, d’expliquer les dossiers complexes dans un arabe accessible — voire dans un registre proche du langage courant — sans dénaturer la rigueur de la profession. À rebours d’une francisation qui a longtemps donné l’image d’un métier réservé à une élite, la présence médiatique de Mehdi Fqir et son aptitude à décrypter budgets et politiques publiques en ont fait, de facto, une voix officieuse de la profession, en l’absence d’une communication institutionnelle structurée.
Selon plusieurs acteurs du secteur, cette dynamique de changement s’inscrit pleinement dans les grandes orientations du Maroc vers la consolidation de l’État social. La phase actuelle appelle des institutions professionnelles ancrées dans leur société, portées par des profils issus des classes moyennes, ayant construit leur parcours par le mérite et l’effort, tout en restant connectés aux réalités des citoyens et des catégories vulnérables.
Cette orientation rejoint la vision portée au plus haut niveau de l’État, insistant sur un Maroc avançant à une seule vitesse, et non à deux vitesses : une dynamique où institutions et corps professionnels s’engagent avec un esprit citoyen pour accompagner l’ensemble des Marocains vers un avenir meilleur.
Dans ce contexte, le choix de compétences comme Mehdi Fqir apparaît, pour certains observateurs, comme une nécessité afin de garantir une institution professionnelle à la fois citoyenne, ouverte et en phase avec les grands chantiers du pays.
Par ailleurs, la candidature de figures reconnues telles que Khalid FIZAZI, Saïd CHAKIR, Benaceur BOUCETTA, Youssef HOUSNY, Meriem RMILI, Tayeb AISS, Brahim CHAOUI, Rachid SEDDIK SEGHIR ou encore El Houssine SEMLALI, traduit une volonté manifeste de tourner la page d’un système de quotas informel et d’instaurer une équité professionnelle plus large.
L’enjeu ne se limite plus aujourd’hui à la seule gestion technique de l’Ordre, mais concerne la capacité à incarner un leadership courageux, communicant et profondément ancré dans l’intérêt national. La prochaine étape exige un Conseil fort, engagé dans le débat public, à l’écoute des mutations économiques du Royaume, et plaçant l’intérêt de la profession et du pays au-dessus des logiques étroites, au profit d’une vision où excellence professionnelle et responsabilité sociétale vont de pair.



